2e dimanche de l'Avent

Epître

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens[1] (I 4-6 & 8-11)[2]

Frères, chaque fois que je prie pour vous tous, c'est toujours avec joie, à cause de ce que vous avez fait pour l’Evangile en communion avec moi, depuis le premier jour jusqu'à maintenant. Et puisque Dieu a si bien commencé chez vous son travail, je suis persuadé qu'il le continuera jusqu'à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus.

Dieu est témoin de mon attachement pour vous tous dans la tendresse du Christ Jésus. Et, dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la connaissance vraie et la parfaite clairvoyance qui vous feront discerner ce qui est plus important. Ainsi, dans la droiture, vous marcherez sans trébucher vers le jour du Christ ; et vous aurez en plénitude la justice obtenue grâce à Jésus Christ pour la gloire et la louange de Dieu.


Textes liturgiques © AELF, Paris


[1] Ville de Thrace qui était appelée Krénides avant que Philippe II de Macédoine l’annexât à son royaume (356), Philippes fut intégrée à la province romaine de Macédoine (146) et appartint au district d’Amphipolis. Octave (le futur Auguste) et Antoine y battirent Brutis et Cassius, les assassins de César (42). De droit italique, la Colonia Julia Augusta Philippensium était une ville importante, située à dix kilomètres de la côte, sur la via Egnatia qui reliait l’Italie au Bosphore. Il y existait une communauté juive qui, sans synagogue, se réunissait près d’une rivière (Actes XVI 12-13), et que saint Paul tenta vainement d’évangéliser au cours de son deuxième voyage : avec Silas, il fut pourchassé et emprisonné (Actes XVI 16-40 & Timothée, II 2). La première communauté chrétienne de Philippes était essentiellement composée de Grecs et de Romains à qui saint Paul envoya Epaphrodite (Philippiens, II 25-29) et, sans doute, Timothée (Philippiens, II 19-23).

[2] De sa prison, saint Paul adresse aux Philippiens la plus joyeuse de ses lettres. Dès le début de l'action de grâces apparaît le mot joie dont les deux versets suivants indiquent le motif. D'abord « à cause de votre communion à l'Evangile » : il peut s'agir là d'une allusion à la façon dont les Philippiens ont accueilli l’Evangile, mais aussi à la manière dont ils ont pris part à sa propagation ; c'est en effet la seule Eglise dont saint Paul ait accepté des subsides. A l'action de grâces pour le passé se joint aussitôt - autre motif de joie - l’assurance pour l'avenir ; mais saint Paul ne fonde pas cette confiance sur ce qu'il sait de ses correspondants, mais bien sur la fidélité de Dieu qui ne manquera pas d'achever ce qu'il a lui-même commencé chez eux. Cet achèvement, saint Paul l'attend pour « le jour du Christ » (versets 6 & 10) : dans l'Ancien Testament l'expression « le jour du Seigneur » servait à désigner une grande intervention historique de Dieu soit pour sauver son peuple, soit pour le châtier ; elle avait progressivement pris un sens eschatologique, c'est-à-dire visant non plus un événement de l'histoire, mais l'intervention définitive à la fin de l’histoire. Pour les chrétiens, c'est désormais « le Jour de Jésus. » Rien n'est ici esquissé pour décrire ce jour de plénitude et de joie, pour lequel on attend la venue du Seigneur Jésus.