14e dimanche des temps ordinaires

Evangile

Suite du saint Évangile de notre Seigneur
Jésus-Christ selon Saint Luc (X 1-12 & 17-20).

Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller[1]. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson[2]. Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups[3]. N'emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route[4]. Dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord : ' Paix à cette maison.' S'il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l'on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce que l'on vous offrira. Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : ' Le règne de Dieu est tout proche de vous.' Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, sortez sur les places et dites : '  Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous la secouons pour vous la laisser. Pourtant, sachez-le : le règne de Dieu est tout proche.' Je vous le déclare : au jour du Jugement, Sodome sera traitée moins sévèrement que cette ville ». Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient : « Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom. » Jésus leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair. Vous, je vous ai donné pouvoir d'écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l'Ennemi ; et rien ne pourra vous faire du mal. Cependant, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux  ».


Textes liturgiques © AELF, Paris


[1] Dieu avait annoncé par ses Prophètes que la prédication de l'E­van­gile se ferait non seulement à lsraël, mais à tous les peuples de la terre. C'est pourquoi après l'élection des Apôtres qui étaient d'a­bord pour les douze tribus d'lsraël, il choisit ces soixan­te-dou­ze disciples (...) Déjà, dans les livres de Moïse, nous avions ren­con­té un nombre semblable : sur l'ordre de Dieu, Moïse avait cho­i­si soixante-douze juges à qui Dieu départit son es­prit. Ail­leurs nous avons une figure des douze et des soixante-douze. « Ils vin­rent, dit l'Exode parlant des enfants d'lsraël, en un lieu nom­mé Elim (qui signifie montée ou accrois­se­ment), et il y avait là dou­ze fontaines et soixante-douze palmiers. N'y-t-il pas là l'an­non­­ce des douze Apôtres et des soixante-douze disciples qui nous ai­dent à recevoir notre accroissement spirituel. Nous re­ce­vons de ces fontaines sacrées des douze toute sorte de biens ; et nous pou­vons assimiler les disciples aux palmiers, à ces pal­miers dont la moël­le est si savoureuse, les fruits si abondants, la racine si fer­me, la stature si haute, et qui se plaisent au bord des eaux (saint Cyrille d'Alexandrie : commentaire de l'évangile selon saint Luc).

[2] Les fidèles doivent aussi apprendre, de cette parole, à prier pour leurs pasteurs afin que leur langue ne soit jamais paralysée, et que leur travail soit fructueux. Souvent c'est en punition des fautes des peuples que la langue des pasteurs devient embarrassée : c'est pour punir l'infidélité des ouailles que la voix est enlevée aux pasteurs. Ne faut-il pas que maintenant encore nous disions avec tristesse : les ouvriers sont peu nombreux ? Il y a encore beaucoup d'hommes disposés à entendre la bonne nouvelle, mais il y en a peu pour l'annoncer. Le monde est rempli de prêtres, et dependant dans la moisson de Dieu il y a peu de travailleurs (saint Grégoire le Grand : homélie XVII 3).

[3] C'est la loi générale que les faibles soient mangés par les forts ; mais le bon Pasteur fait en sorte que le troupeau n'ait rien à crain­dre des loups. Il envoie donc ses disciples au milieu des loups, non pour les faire dévorer, mais pour qu'ils répandent la grà­ce : alors sera accomplie la prédiction l'Isaïe : Le loup et l'a­gneau paîtront ensemble. Ils devaient aussi les rencontrer dans les hé­rétiques. Les loups rôdent autour des bergeries cher­chant à sur­prendre les brebis. Ils n'osent entrer dans les maisons : ils épient le sommeil des chiens, l'absance ou l'incurie des maitres, et sautent à la gorge des brebis ils les étranglent. Ils sont féroces, in­satiables. Ils sont raides dans leurs mouvements, se jettent d'un trait en avant, ne savent point se retourner, ce qui fait qu'on peut les éviter. On dit que quand ils ont été les premiers à voir l'hom­me, iIs lui enlèvent la voix : si c'est au contraire l'homme qui les a vu le premier, son regard les jette dans un vrai trem­ble­ment. Je sou­haite, que l'explication que je vous donne en ce moment soit lu­mineuse, pour qu'on ne puisse dire que le regard du loup pèse sur moi. (...) ? Ne vous laissez pas surprendre par eux, ne les lais­sez pas entamer les premiers la discussion avcc vous : ils vous en­lè­veraient la voix. Sachez les regarder et les accuser, vous les pre­miers, et vous garderez la netteté de votre parole (saint Am­broi­se : commentaire de l'évangile selon saint Luc, VII 46, 48 & 51).

[4] Il est bon, quand on accomplit une œuvre divine, de laisser quel­que peu de côté les choses humaines. Saluer, c'est bien ; se mon­trer empressé à accomplir les ordres de Dieu, c'est mieux (saint Ambroise : commentaire de l'évangile selon saint Luc, VII 63).