14e dimanche des temps ordinaires

Première lecture

Lecture du livre d'Isaïe, (LXVI 10 & 14)[1].

Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez à cause d'elle, vous tous qui l'aimez ! Avec elle soyez pleins d'allégresse, vous tous qui portiez son deuil ! Ainsi vous serez nourris et rassasiés du lait de ses consolations, et vous puiserez avec délices à l'abondance de sa gloire (...) Voici ce que dit le Seigneur : « Je dirigerai vers elle la paix comme un fleuve, et la gloire des nations comme un torrent qui déborde. Vous serez comme des nourrissons que l'on porte sur son bras, que l'on caresse sur ses genoux. De même qu'une mère console son enfant, moi-même je vous consolerai, dans Jérusalem vous serez consolés. Vous le verrez, et votre cœur se réjouira ; vos membres, comme l'herbe nouvelle, seront rajeunis ». Et le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs.


Textes liturgiques © AELF, Paris


[1] Cinquante années de déportation près des fleuves de Babylone, cinquante années loin de Jérusalem détruite, voilà qui aurait dû suffire à détourner à tout jamais les Juifs de leur Dieu qui est incapable de sauver son peuple ! Et pourtant des croyants intrépides ont persisté à croire que, en dépit des apparences contraires, le Dieu de Moïse est comme une mère pour ses enfants et qu'un jour ou l'autre il consolera son peuple. Voici que Cyrus, le roi des Perses, est vainqueur de Babylone et qu'il renvoie chez eux les exilés. Des caravanes partent pour Jérusalem. Un prophète y voit le signe de la consolation prochaine promise par Dieu ; dans des poèmes il chante sa foi et son espérance. En réalité, le peuple d'Israël ne connaîtra pas cette consolation grandiose et définitive qu'a entrevue le prophète. Le peuple d'Israël ne retrouvera pas son indépendance et il devra se contenter de l'occupation perse qui sera suivie de la grecque puis de la romaine. Mais une nouvelle génération de croyants, tout aussi intrépides que leurs ancêtres, vont s'emparer des poèmes du prophète et les garder comme message d'espérance. Ces textes leur servent à exprimer à leur tour leur foi en ce Dieu, Père, qui a des entrailles maternelles. La consolation reste à venir, mais elle viendra. Dieu consolera ceux qui portent le deuil, ceux qui souffrent. Cette confiance indéracinable en l'amour de Dieu a nourri des générations de croyants ; elle a inspiré la vie de Jésus et elle nous, est proposée aujourd'hui encore.