Fête de la Sainte Trinité

Evangile

Suite du saint Évangile de notre Seigneur
Jésus-Christ selon Saint Matthieu (XXVIII 16-20).

Au temps de Pâques, les onze disciples s'en allèrent en Galilée, à la montagne[1] où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre[2]. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples[3], baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit[4] ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés[5]. Et moi, je suis avec vous[6], tous les jours jusqu'à la fin du monde[7]. »


Textes liturgiques © AELF, Paris


[1] Il veut nous apprendre que pas sa résurrection, il a revêtu d’une vertu céleste ce corps qu’il a pris de la famille humaine, et qu’il est déjà au dessus de la terre. Il veut avertir ses fidèles que, s’ils veulent contempler les grandeurs de la Résurrection, ils doivent s’élever au dessus des pensées terrestres, et n’avoir plus que le désir des choses d’en-haut (Raban Maur).

[2] Le démon devait être vaincu par la justice plus encore que par la puissance (…) Car il avait péché, par son amour excessif de la puissance, en attaquant la justice ; et les hommes le suivent, quand négligeant ou haïssant la justice, ils recherchent la puissance. Pour arracher l’homme à la puissance du démon, Dieu voulut donc que le démon fût vaincu non par la puissance mais par la justice (saint Augustin : « De Trinitate », XIII 17).

[3] « Faites des disciples » : cette mission répond tout à fait à la place importante que ce mot occupe dans tout le premier évangile. L'emploi de ce mot après la résurrection de Jésus signifie que la condition du disciple décrite dans l'évangile n'est pas réservée aux seuls compagnons de Jésus durant sa vie, mais elle est la condition dans laquelle tout homme est invité à rentrer. Devenir chrétien signifie devenir disciple.

[4] « Baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » : l'expression « au nom de » indique que le baptisé se trouve mis en relation étroite avec le Nom, c'est-à-dire avec les personnes mêmes du Père, du fils et de l'Esprit. Cette expérience du Dieu trinité, l'Eglise du temps de saint Matthieu la fait à travers la célébration du Christ ressuscité le premier jour de la semaine, et à travers le sacrement du baptême.

[5] « Apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés » : ce passage signale l'importance, dans la communauté chrétienne, de la nécessité pour les croyants de comprendre ce qu'ils croient, de la nécessité de l'intelligence de la foi, une foi qui est vivante et agissante. Cet enseignement consiste à rappeler les commandements du Seigneur, ceux qu'il a donnés dans le Sermon sur la Montagne. Par ses commandements, Jésus accomplit en les dépassant les lois de Moïse : « il a été dit... moi je vous dis. » (évangile selon saint Matthieu, V 22 ss). Au commandement de l'amour sont suspendus la loi et les prophètes, car pour Matthieu la véritable adoration de Dieu ne consiste pas seulement à prononcer son nom du bout des lèvres, mais à faire sa volonté (évangile selon saint Matthieu, VII 21).

[6] Il s'en allait en tant qu'homme, et il demeurait en tant que Dieu. Ils allaient être privés de cette présence qui est restreinte à un lieu particulier, mais il devait demeurer avec eux par cette présence qui remplit le monde entier. Devaient-ils se troubler quand il se dérobait à leurs yeux, mais sans s'éloigner de leur cœur ? (saint Augustin : Tractatus in Johannis evangelium, LXVIII 1).

[7] Comme les apôtres à qui il parle en ce moment doivent mourir un jour, il promet donc cette assistance à tous les fidèles qui doivent croire en eux, et qui formeront un seul corps avec eux (saint Jean Chrysostome : homélie XC sur l’évangile selon saint Matthieu, 2).