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Fête du Saint Sacrement
Première lecture
Lecture du livre de l'Exode (XXIV 3-8)[1] En descendant du Sinaï, Moïse vint rapporter au peuple toutes les paroles du Seigneur et tous ses commandements. Le peuple répondit d'une seule voix : « Toutes ces paroles que le Seigneur a dites, nous les mettrons en pratique. » Moïse écrivit toutes les paroles du Seigneur. Le lendemain matin, il bâtit un autel au pied de la montagne, et il dressa douze pierres pour les douze tribus d'Israël. Puis il chargea quelques jeunes Israélites d'offrir des holocaustes et d'immoler au Seigneur des jeunes taureaux en sacrifice de paix. Moïse prit la moitié du sang et le mit dans des bassins ; puis il aspergea l'autel avec le reste du sang. Il prit le livre de l'Alliance et en fit la lecture au peuple. Celui-ci répondit : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique, nous y obéirons. » Moïse prit le sang, en aspergea le peuple, et dit : « Voici le sang de l'Alliance que, sur la base de toutes ces paroles, le Seigneur a conclue avec vous. » Textes liturgiques © AELF, Paris [1] Le Seigneur vient de donner à Moïse le Décalogue et le code de l'Alliance. Le peuple acquiesce et ratifie, mais il reste à sceller cet accord par un sacrifice. Par l'immolation des victimes, geste essentiel du sacrifice, l'homme reconnaît Dieu comme la Source de sa vie. Or, comme il s'agit ici d'un sacrifice extraordinaire, d'un sacrifice de paix, l’alliance entre Dieu et son Peuple, le sacrifice est doublé d'un rite d'alliance. Pour comprendre ce rite, il faut se reporter aux coutumes des anciens Sémites qui vivaient en clans isolés, souvent en guerre les uns contre les autres pour des paturages trop maigres et des puits trop rares, et donc. Issus d'un même ancêtre, les membres d'un clan étaient soudés entre eux, par la fraternité du sang ; « le frère de sang », c'était « le prochain » à aimer comme soi-même ; tout autre était un étranger, souvent un ennemi. Pour entrer dans une tribu ou faire alliance avec elle, pour devenir « frère », il fallait donc créer avec elle ce lien du sang. Divers rites de sang furent d'abord en usage où se mêlait le sang humain, mais, au sang humain on substitua vite celui de victimes animales. Manger ensemble la victime donnait à la fraternité du sang son caractère le plus sacré et le plus inviolable. En versant le même sang sur l'autel de Dieu et sur le peuple, Moïse révèle que, par l'alliance, un seul sang coule dorénavant dans les veines de l'Hébreu et dans celles de Dieu. C'était alors un symbole, pris certes très au sérieux de part et d'autre, mais seulement un symbole. La Nouvelle Alliance entre Dieu et son nouveau peuple sera scellée dans le vrai sang du Christ vrai Fils de Dieu et vrai fils de l'homme. Ce sera « l'alliance en son sang » de saint Paul (I Corinthiens, XI 25), « le sang de l'alliance » (évangile selon saint Marc, XIV 24). Au cœur du rite d'alliance célébré par Moïse, entre l'aspersion de Dieu présent sur son autel et l'aspersion du peuple, « Moïse prit le tivre de l'Alliance et en fit la lecture au peuple, et celui-ci répondit : Nous obéirons. » L'alliance du sang ne peutêtre un rite magique : c'est un engagement contracté en pleine connaissance de cause et ratifié en pleine conscience. |