2ème dimanche de Carême

Epître

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (VIII 31-34) [1]

Frères, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n'a pas refusé son propre Fils, il l'a livré pour nous tous : comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ? Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? puisque c'est Dieu qui justifie. Qui pourra condamner ? puisque Jésus-Christ est mort ; plus encore : il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous.


Textes liturgiques © AELF, Paris


[1] Ces quelques lignes très denses prolongent facilement le récit de la Genèse, surtout si on le lit à la lumière de la tradition juive. Saint Paul conclut son long exposé sur l'histoire du salut et la vie chrétienne, une vie selon l'Esprit donné par Jésus mort et ressuscité. La deuxième phrase du texte mérite réflexion et commentaire. Paul reprend l'expression de la Genèse, telle que les traducteurs grecs l'avaient transmise « il n'a pas refusé son propre Fils » ; il juxtapose une formule ramassée qui exprime l'essentiel de la foi chrétienne dans le mystère de la rédemption : « il l'a livré pour nous. » On montrera comment la révélation chrétienne s'inscrit dans le prolongement de l'Ancien Testament lu dans la tradition juive, mais aussi comment la foi en Jésus-Christ donne un contenu nouveau à ces vieilles expressions. Ce texte doit être lu dans un climat de louange et d'action de grâces, de joie et d'espérance. L'assurance chrétienne est fondée sur l'événement Jésus-Christ mort et ressuscité. Paul ajoute que Jésus, élevé à la droite de Dieu, est toujours présent pour intercéder pour nous. Le verbe employé peut désigner une rencontre par hasard ou un entretien pour solliciter une faveur. Le « pour nous » lui donne un sens fort. L'épître aux Hébreux (VII 25) dira que Jésus est toujours vivant pour intercéder en notre faveur.