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31e dimanche des temps ordinaires
Evangile
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Suite du saint Évangile de notre Seigneur
Un scribe s'avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Ecoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu[1] de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force[2]. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là »[3]. Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. L'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force[4] et aimer son prochain[5] comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices ». Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu »[6]. Et personne n'osait plus l'interroger. Textes liturgiques © AELF, Paris [1] Celui qui prétend s'aimer et n'aime pas Dieu en réalité ne s'aime pas ; et quiconque aime Dieu en s'oubliant lui-même s'aime avec sagesse. Celui qui ne possède pas la vie au-dedans de lui-même meurt en demeurant en lui-même. Mais quand on se met à aimer celui de qui on tient la vie, on se met à la source de la vie (saint Augustin : Tractatus in Johannis evangelium, CXXIII 5). [2] Nous trouvons dans l'âme trois grandes forces : la puissance de se nourrir et de croître qui nous est commune avec les plantes, la sensibilité qui nous est commune avec les animaux, et la vie raisonnable qui ne se trouve que dans l'homme. Le coeur représente ici la première de ces vies, la vie végétative ; l'âme représente l'âme sensitive, et l'esprit la vie de la raison (saint Grégoire de Nysse : De opificio hominis, VIII) [3] Dans sa réponse, qui consiste en des citations de la Torah, Jésus ne veut pas dissocier l'amour de Dieu (Deutéronome, VI 4-5) et l'amour du prochain (Lévitique, XIX 18). Cette association est déjà significative : le disciple de Jésus ne saurait aimer Dieu sans aimer les hommes. Il doit les aimer d'un même élan. Par ailleurs sous le mot prochain, Jésus ne saurait mettre la même acception que le judaïsme pour lequel le prochain était non seulement le compatriote mais, en fait, l’ami. Tout homme rencontré est en fait le prochain qu'il faut aimer (évangile selon saint Luc, X 36-37). [4] Que l'on demande à l'un de vous s'il aime Dieu, avec assurance il répond : " Oui, je l'aime ! " Mais rappelez-vous ce que l'éternelle vérité a dit : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole. La preuve de l'amour se trouve dans les oeuvres que l'on accomplit (saint Grégoire le Grand : homélie XXX sur les péricopes évangéliques, 1). [5] Le nom de prochain est un nom de relation, et nous ne pouvons être proche que de quelqu’un qui est proche de nous. Et ce qui nous rapproche le plus, ce n’est pas la parenté mais la miséricorde. Celui-là soit notre prochain à qui nous rendrons ou sommes disposés à rendre, autant qu’il en aura besoin nos offices de miséricorde (saint Augustin : « De doctrina christiana », I 30). On ne devient proche de qui que ce soit qu’en pratiquant envers lui la miséricorde du Christ (saint Ambroise : « De Pænitentia », I 9). [6] Le prolongement que Marc donne à ce dialogue se situe dans la ligne des prophètes. Ils avaient insisté sur les dispositions du cœur, nécessaires pour un culte vrai et plus importantes que la matérialité des rites (I Samuel, XV 22 ; Osée, VI 6 ...). Le scribe qui avait compris cela n’était « pas loin du Royaume de Dieu » annoncé par Jésus. Il ne lui manquait qu'une chose pour y entrer : accueillir totalement la Bonne Nouvelle de Jésus, vrai Messie. |