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29e dimanche des temps ordinaires
Evangile
Suite du saint Évangile de notre Seigneur
Jacques et Jean, les fils de Zébédée[1], s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. » Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Accorde-nous de siéger, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ta gloire. » Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez[2]. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé[3] ? » Ils lui disaient : « Nous le pouvons. » Il répondit : « La coupe que je vais boire, vous y boirez[4] ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder, il y a ceux pour qui ces places sont préparées. » Les dix autres avaient entendu, et ils s'indignaient contre Jacques et Jean. Jésus les appela[5] et leur dit : « Vous le savez : ceux que l'on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi[6]. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur[7]. Celui qui veut être le premier[8] sera l'esclave de tous ; car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » Textes liturgiques © AELF, Paris [1] Un antique tradition présente Jacques et Jean, les fils de Zébédée comme des cousins de Jésus ; ce faisant, on comprend mieux qu’habitués aux lois orientales sur les privilèges de la parenté, ils se croient dans leur droit en réclamant les premières places. Quoi qu’il en fût, saint Jacques et saint Jean sont avec saint Pierre les disciples les plus intimes de Jésus : Pierre, Jacques et Jean sont admis à la résurrection de la fille de Jaïre (évangile selon saint Marc, V 37) et à la Transfiguration (évangile selon saint Marc, IX 2) ; après le discours sur la ruine du Temple, avec André, ils sont près de Jésus « à l’écart » des autres apôtres (évangile selon saint Marc, XIII 3) ; il seront encore choisis par Jésus comme les plus proches témoins de son « agonie » au jardin des Oliviers (évangile selon saint Marc, XIV 33). [2] S’ils avaient su ce qu’ils demandaient, s’ils avaient connu les conditions supérieures à toutes les forces naturelles qui s’imposent à ceux qui veulent atteindre au royaume de Dieu, jamais ils n’auraient osé faire une telle demande (saint Jean Chrysostome : homélie LXV sur l’évangile selon saint Matthieu, 2). [3] Vous me parlez d’honneurs et de couronnes, pendant que moi, je veux vous entretenir de travaux et de combats. Ce n’est pas maintenant le temps de gloire pour moi, ni de la gloire pour vous : c’est le temps des périls, des guerres et des morts (saint Jean Chrysostome : homélie LXV sur l’évangile selon saint Matthieu, 2). [4] Et en effet, l’aîné des fils de Zébédée, Jacques, fut le premier des apôtres qui subit le martyre ; et Jean bien qu’il eut été réservé pour demeurer le dernier des apôtres et mourir de sa mort naturellze, posséda lui aussi les gloires du martyre ; plongé dans la chaudière d’huile bouillante, il eut la gloire de confesser son Dieu comme les trois enfants dans la fournaise (saint Jérôme). [5] Voyant que Jacques et Jean s’étaient écartés de leur groupe et intriguaient pour obtenir les honneurs les plus élevés, les dix autres disciples donnèrent libre cours à leur colère ; c’est alors que Jésus entreprit de corriger les passions déréglées des uns et des autres. Il les appela donc (saint Jean Chrysostome : homélie LXV sur l’évangile selon saint Matthieu, 2). [6] Pendant qu’ailleurs règnent la contrainte et la violence, les apôtres du Christ qui doivent régner sur les âmes, ne doivent exercer leur empire que par l’amour que leur porteront leurs subordonnés (Origène : commentaire de l’évangile selon saint Matthieu, XVI 2). [7] Pendant qu’ailleurs règnent la contrainte et la violence, les apôtres du Christ qui doivent régner sur les âmes, ne doivent exercer leur empire que par l’amour que leur porteront leurs subordonnés (Origène : commentaire de l’évangile selon saint Matthieu, XVI 2). [8] La vraie grandeur est intérieure : elle n’est pas dans le nom ou dans les hommages du dehors. La grandeur extérieure s’impose par la violence et la crainte : la vraie grandeur est semblable à la grandeur de Dieu ; elle existe même quand on ne la connaît pas : et le superbe, même quand il reçoit des hommages, demeure avec toutes ses misères. (...) Les louanges qui sont données à l’orgueilleux sont factices et contraintes, c’est pourquoi sa gloire tombe vite. Celui qui s’attache à la grandeur véritable s’y attache par la volonté, par une volonté invincible, et c’est pour cela qu’il est stable en lui. L’orgueilleux méprise les hommes, et cependant il en exige des louanges : quelle contradiction ! Et il veut recevoir d’eux des honneurs toujours plus grands. L’homme humble, au contraire, fait cas des hommes : il regarde comme étant au-dessus de ses mérites toute louange qui vient d’eux. L’âme humble ne se laisse captiver par aucune passion, ni par l’amour de la gloire, ni par l’envie, ni par la jalousie, ni par la colère ; l’âme orgueilleuse, au contraire, est sans cesse en proie à ces vices : laquelle est la plus grande ? Lequel est le plus avisé de l’oiseau qui s’élève au-dessus de tous les pièges, ou de celui qui vient se jeter dans les mains du chasseur ? (...) Que peut-il y avoir de plus grand pour l’homme que d’offrir un sacrifice à Dieu ? C’est l’âme humble qui offre à Dieu un sacrifice que Dieu agrée (saint Jean Chrysostome : homélie LXV sur l’évangile selon saint Matthieu, 5). |