29e dimanche des temps ordinaires

Première lecture

Lecture du livre d'Isaïe (LIII 10-11)[1].

Broyé par la souffrance, le Serviteur a plu au Seigneur. Mais, s'il fait de sa vie un sacrifice d'expiation, il verra sa descendance, il prolongera ses jours : par lui s'accomplira la volonté du Seigneur. A cause de ses souffrances, il verra la lumière, il sera comblé. Parce qu'il a connu la souffrance, le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs péchés.


Textes liturgiques © AELF, Paris


[1] Le passage du livre du prophète Isaïe qui est aujourd’hui proposé à notre méditation, est la finale du quatrième chant du « Serviteur de Yahvé » (LII 13 à LIII 12) qui est un des sommets spirituels de l'Ancien Testament. Ce passage résume le mouvement qui, à travers la souffrance, débouche sur la Lumière et le Salut. Les commentateurs divergent sur l'identification du serviteur. Acceptons comme la plus probable celle d'un personnage annoncé par le prophète, récapitulant en lui tout le peuple d'lsraël dont il porte les péchés jusque dans sa mort. Le juste souffrant qui obtient le salut du peuple, est l’annonce de la mission du Messie souffrant. Le court texte lu aujourd'hui annonce l'évangile et spécialement la dernière phrase où nous retrouvons les thèmes de « servir »,  « donner sa vie » pour « la multitude. » Le poème paraît dialogué. Dieu prend la parole au début (LII 13-15) et à la fin (LIII 11-12). Entre les deux, la communauté ou les foules évoquent ce que le serviteur représente pour elles (LIII, 1-10). Deux idées-forces apparaissent dans ces deux versets : le sacrifice de la vie est bénéfique pour le serviteur lui-même (il prolongera ses jours, il verra la lumière, il sera comblé) et pour le peuple dont il fait partie, qu'il représente (il justifiera les multitudes).L'équation, classique dans l'Ancien Testament, entre santé, longue vie et réussite aux yeux de Dieu est brisée. Une autre logique se fraie un chemin : la valeur rédemptrice de la souffrance.