29e dimanche des temps ordinaires

Epître

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Hébreux (IV 14-16)[1]

Frères, en Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a pénétré au-delà des cieux ; tenons donc ferme dans l'affirmation de notre foi. En effet, le grand prêtre que nous avons n'est pas incapable, lui, de partager nos faiblesses ; en toutes choses, il a connu l'épreuve comme nous, et il n'a pas péché.

Avançons-nous donc avec pleine assurance vers le Dieu tout-puissant qui fait grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours[2].


Textes liturgiques © AELF, Paris


[1] Ces versets de l’épître aux Hébreux évoquent la miséricorde sacerdotale de Jésus, notre grand prêtre. La question se posait en effet : si Jésus est d'une grandeur tellement transcendante, reste-t-il proche de nous ? Pourra-t-il nous comprendre ? L’auteur répond par l’affirmative : il est miséricordieux, car il sait compatir ; Il est en « sympathie » avec nos faiblesses parce qu'il les a « éprouvées. » Deux termes du vocabulaire de la compassion que le lectionnaire rend par « partager nos faiblesses...il a connu l'épreuve comme nous. Un point doit aussitôt être souligné : « et il n'a pas péché » (littéralement : « éprouvé en tout à notre ressemblance, en dehors du péché »). Jésus n'en est pas moins homme pour autant : le péché ne constitue pas l'être de l'homme, au contraire. Plus un homme pèche, moins il est homme. Jésus est « homme vrai » par son innocence totale, mais il est tout près de nous pour nous sauver et nous obtient miséricorde et grâce. On voit la différence entre le sacerdoce juif et celui de Jésus. Le prêtre de l'Ancien Testament était un « séparé », tout en restant pécheur. Jésus est sans péché et tout proche, solidaire de ses frères les hommes.

[2] « Avançons » donc, par l'assurance de la foi, par la confiance de la prière, tout spécialement dans l'action liturgique, « avançons vers le trône de la grâce », c'est-à-dire vers le Dieu Tout-Puissant en tant qu’il refuse d'être un Tribunal de justice pour être Amour et Miséricorde. Donc, « avancer vers le trône de la grâce » consiste désormais à s'approcher du Christ glorieux, lui qui, « ayant accompli la purification des péchés, s'est assis à la droite de la Majesté dans les hauteurs », a fait du trône de Dieu le trône de la grâce, puisque la justice du Juge est devenue la miséricorde du Miséricordieux, de Celui qui donne la grâce, « l'aide opportune » au jour du salut.