25e dimanche des temps ordinaires

Epître

Lecture de la première lettre de saint Jacques aux Corinthiens (III 16 à IV 3)[1]

Frères, la jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d'actions malfaisantes. Au contraire, la sagesse qui vient de Dieu est d'abord droiture, et par suite elle est paix, tolérance, compréhension ; elle est pleine de miséricorde et féconde en bienfaits, sans partialité et sans hypocrisie. C'est dans la paix qu'est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de la paix.

D'où viennent les guerres, d'où viennent les conflits entre vous ? N'est-ce pas justement de tous ces instincts qui mènent leur combat en vous-mêmes ? Vous êtes pleins de convoitises et vous n'obtenez rien, alors vous tuez ; vous êtes jaloux et vous n'arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre. Vous n'obtenez rien parce que vous ne priez pas ; vous priez, mais vous ne recevez rien parce que votre prière est mauvaise : vous demandez des richesses pour satisfaire vos instincts.


Textes liturgiques © AELF, Paris


[1] Saint Jacques se situe ici encore sur le terrain pratique ; en opposant la sagesse terrestre à la sagesse d'en-haut, il remonte au principe de toute conduite chrétienne. La sagesse terrestre implique jalousie et rivalités avec leur cortège de désordre et de méfaits dont saint Jacques donne une illustration encadrée de guerres et de combats dont la source réside dans les plaisirs, la convoitise et la jalousie. Il y aurait un recours possible dans la prière, trait essentiel de la vie d'une communauté, mais elle est inexistante, à moins qu’elle ne soit orientée que vers la satisfaction des plaisirs, perdant ainsi toute chance de mener une vie selon la Sagesse d'en-haut. L'histoire de Caïn et Abel sert de fond à la réflexion de l’Apôtre : la convoitise suscite la violence entre les hommes ; contre ces sociétés violentes qui ne survivent que par la violence, le courant prophétique, commencé à la dénonciation du meurtre de l'innocent Abel, culmine dans la mort de Jésus qui préfère mourir de la main des hommes plutôt que de répondre à la violence par la violence. La paix est le don de Dieu et la victoire sur les instincts est un fruit du Saint-Esprit, aussi Jésus nous invite instamment à l'effort persévérant et obstiné, nous faisant la promesse que nous n'y travaillerons jamais en vain.