4ème dimanche de Pâques

Evangile

Suite du saint Évangile de notre Seigneur
Jésus-Christ selon Saint Jean (X, 1-10).

Jésus parlait ainsi aux pharisiens : « Oui, vraiment, je vous le dis : celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte[1], mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit[2]. Celui qui entre par la porte, c'est lui le pasteur[3], le berger des brebis. Le portier[4] lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix[5]. Il les appelle chacune par son nom puisqu'elles sont à lui, et il les fait sortir[6]. Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête[7], et elles le suivent[8] car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s'enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus. »

Jésus employa ces images en s'adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu'il voulait leur dire. C'est pourquoi Jésus reprit la parole : « Oui, vraiment, je vous le dis : je suis la porte des brebis[9]. Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés[10]. Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage[11]. Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire[12]. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance. »


Textes liturgiques © AELF, Paris


[1]Les Saintes Ecritures nous conduisent à Dieu ; elles nous donnent la connaissance de Dieu ; elles forment les fidèles et les gardent. Tant que nous nous tenons renfermés derrière cette porte, nous sommes gardés contre nos ennemis (saint Jean Chrysostome : homélie LIX sur l’évangile selon saint Jean).

[2]La mort devient le pasteur de ceux qui n’aiment que la vie présente dans laquelle on ne se repaît que d’ombres vaines. Leur pasteur c’est encore le démon qui a introduit la mort dans le monde (saint Augustin : commentaire du psaume XLVIII).

[3]Les traditions juives, parce que David a été berger, assimilent volontiers le roi au pasteur ; Jérémie désigne ainsi les rois de Juda qui ont failli à leur tâche annonçant que Dieu donnera à son peuple de nouveaux bergers qui le paîtront avec sagesse ; Ezéchiel et Zacharie reprennent ce thème. Dans une prophétie où l’on trouve des éléments de la parabole (chapitre XXXIV), Ezéchiel annonce, contre les mauvais bergers d’Israël, que Dieu suscitera un nouveau pasteur qui sera à tout jamais le roi du peuple choisi : « Mon serviteur David sera roi sur eux ; il y aura pour eux tous un seul berger. Ils marcheront suivant mes règles, ils observeront mes ordonnances et les exécuteront » (XXXVII 24).

[4] Si nous voulons faire l’application de chacun des mots de cette parabole, nous pouvons voir en ce portier Moïse, car c’est à lui que Dieu avait confié la Loi qui conduit au Christ (saint Jean Chrysostome : homélie LIX sur l’évangile selon saint Jean).

[5] L’âme qui appartient à Jésus Christ entend sa voix, comprend sa parole : l’étranger n’entend pas. L’étranger et le fidèle peuvent se trouver à l’égard de la même parole de l’Evangile dans une même situation, ils peuvent ne pas la comprendre. Le fidèle dit : « Je sais que cette parole est bonne, encore que je ne la comprenne pas » ; et parce qu’il a foi à la parole de son Maître, il pousse à la porte pour qu’on lui ouvre ; et s’il persévère, il méritera qu’on lui ouvre. L’étranger dit : « Il n’y a rien » (saint Augustin : Tractatus in Johannis evangelium, XLV, 7).

[6] Mais prenons-y garde, ce pasteur, quand il fait sortir ses brebis, ne fait pas comme les autres ; il fait le contraire des autres : il ne les met pas à l’abri des loups, il les conduit au contraire au milieu des loups, afin de montrer avec quelle autorité il veillera sur elles (saint Jean Chrysostome : homélie LIX sur l’évangile selon saint Jean).

[7] Quel est celui qui fait sortir les brebis, sinon celui qui les a délivrées du péché, afin que libres de tout lien, elles pussent se mettre à sa suite ? Quel est celui qui marche devant elles, sinon celui qui, ressuscité des morts, ne doit plus connaître la mort, et qui dit à Dieu : « Père, je veux que là où je serai, ceux que vous m’avez donnés y soient avec moi »(saint Augustin : Tractatus in Johannis evangelium, XLV, 14).

[8] « L’âme suit Notre Seigneur en trois manière : par connaissance, par amour et par imitation » (Louis Lallemant : « Doctrine spirituelle »). Nous devons suivre Jésus, « mais comme on suit un Dieu, en le suivant et non en le précédant . car celui qui veut précéder Dieu vit d’après ses idées, et il ne vit pas selon les ordres de Dieu »(saint Augustin : commentaire du psaume LXII).

[9] Il est lui-même la porte, car c’est par lui que nous allons à lui (saint Grégoire le Grand : homélie VIII 13).

[10] Le Christ est mon entrée auprès de vous. C’est par le Christ que j’entre, non en vos maisons, mais en vos cœurs. Vous écoutez volontier le Christ en moi, et cela, parce que vous êtes les brebis du Christ, que vous avez été rachetés par le sang du Christ (saint Augustin : Tractatus in Johannis evangelium, XLVII, 3).

[11] C’est notre pasteur lui-même qui nous donne notre nourriture et nos pâturages. Ce sont de bons pâturages que les divins sacrements . vous y trouverez la fleur nouvelle qui a un parfum de résurrection  vous y trouverez des lys qui sont revêtus des splendeurs de l’éternité . vous pouvez y cueillir cette rose toute empourprée qui est le sang du Seigneur. Ce sont de bons pâturages que les Saintes Ecritures dont la lecture quotidienne nous donne des force toujours nouvelles, déjà quand nous ne faisons que les goûter rapidement, mais surtout quand nous les ruminons dans une méditation prolongée (saint Ambroise : sermon XIV, 2, commentaire du psaume CXVIII).

[12] C'est le démon qui dans la tentation dévore les âmes, qui les dévore par l'avarice, l'orgueil, la colère, l'envie, la fourberie (...) Il fuit non pas peut-être en quittant le lieu qu'il habite, mais en se dérobant à son devoir, à l'assistance qu'il devait fournir. Les âmes périssent, et il est content parce qu'il a su conserver quelques avantages temporels (saint Grégoire le Grand : homélie XIV sur les péricopes évangéliques).