25e dimanche des temps ordinaires

Epître

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens[1] (I 20c-24.27a)[2]

Frères, soit que je vive, soit que je meure, la grandeur du Christ sera manifestée dans mon existence. En effet, pour moi vivre c'est le Christ, et mourir est un avantage. Mais si, en vivant en ce monde, j'arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir. Je me sens pris entre les deux : je voudrais bien m'en aller pour être avec le Christ, car c'est bien cela le meilleur ; mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est beaucoup plus nécessaire. Quant à vous, menez une vie digne de l'Evangile du Christ.


Textes liturgiques © AELF, Paris


[1] Philippes, ville de Thrace, était appelée Krénides avant que Philippe II de Macédoine, père d’Alexandre le Grand, l’annexât à son royaume (356 avant Jésus-Christ). Elle fut intégrée à la province romaine de Macédoine en 146 avant Jésus-Christ et appartint au district d’Amphipolis. Octave (le futur empereur Auguste) et Antoine y battirent Brutus et Cassius, les assassins de César (42 avant Jésus-Christ) ; la ville devint colonie romaine de droit italique et fut appelée Colonia Julia Augusta Philippensium (31 avant Jésus-Christ). C’était une ville importante, située à dix kilomètres de la côte, sur la via Egnatia qui reliait l’Italie au Bosphore. Il existait à Philippes une communauté juive qui, sans synagogue, se réunissait auprès d’une rivière (Actes des Apôtres, XVI 12-13) ; saint Paul tenta vainement de l’évangéliser au cours de son deuxième voyage : il fut pourchassé et emprisonné avec son disciple Silas (Actes des Apôtres, XVI 16-40 & première épître à Timothée, II 2). La première communauté chrétienne de Philippes était essentiellement composée de Grecs et de Romains à qui saint Paul envoya Epaphrodite (épître aux Philippiens, II 25-29) et, sans doute, Timothée (épître aux Philippiens, II 19-23)

[2] L’épître aux Philippiens que nous commençons aujourd'hui fut écrite par saint Paul alors qu’il était en prison, ne sachant pas s'il serait condamné ou non. Au début de sa lettre saint Paul parle de sa situation et fait des considérations sur son priche avenir : la mort ou bien la libération et la continuation de sa mission. Saint Paul en parle d'autant plus simplement aux Philippiens qu'il les aime particulièrement et que la petite communauté de Philippes le lui rend bien ; plusieurs fois les chrétiens de Philippes prennent soin de lui trés concrètement (épître aux Philippiens IV 10 s). L’épître aux Philippiens est un chaleureux témoignage des relations affectives qui peuvent exister entre un apôtre et la communauté chrétienne dont il a la charge. En saint Paul, tout est centré sur le Christ qui est le foyer de toute sa vie : « vivre » c'est le Christ, dans tout l'être (« dans mon corps ») et pas seulement en esprit ; « mourir » c'est être avec le Christ, participant avec tout l'être à sa gloire en une union intime ; « demeurer en ce monde » c'est continuer à vivre pour l'Évangile, pour le Christ qui est cet Évangile. Le choix de Paul n'est pas entre « être avec le Christ » ou autre chose ; de toutes façons c'est être avec lui. Le choix est alors sur ce qui est le « plus utile », c'est un choix de service. Saisi par la personne du Christ et saisi par son Evangile à annoncer, pour Paul c'est la même chose. Et c'est sa vie. La seule vraie mort serait d'en être privé.