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24e dimanche des temps ordinaires
Première lecture
Lecture du livre de Ben Sirac le Sage[1] (XXVII 30- XXVIII 9)[2] Rancune et colère, voilà deux choses abominables où le pécheur s'obstine. L'homme qui se venge éprouvera la vengeance du Seigneur ; celui ci lui tiendra un compte rigoureux de ses péchés. Pardonne à ton prochain le tort qu'il t'a fait ; alors, à ta prière, tes péchés seront remis. Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme, comment peut il demander à Dieu la guérison ? S'il n'a pas de pitié pour un homme, son semblable, comment peut il supplier pour ses propres fautes ? Lui qui est un pauvre mortel, il garde rancune ; qui donc lui pardonnera ses péchés ? Pense à ton sort final, et renonce à toute haine, pense à ton déclin et à ta mort, et demeure fidèle aux commandements. Pense aux commandements et ne garde pas rancune envers le prochain, pense à l'Alliance du Très Haut, et oublie l'erreur de ton prochain. Textes liturgiques © AELF, Paris [1] Le livre de Ben Sirac (ou Siracide) est, au moins depuis le III° siècle, connu dans l'Eglise latine, sous le titre d'" Ecclésiastique ", nom qui lui a été probablement attribué parce qu'il servait alors à l'instruction des catéchumènes et des néophytes ; l'intitulé de l'Eglise grecque est : " Sagesse de Jésus fils de Sirach ". Il s'agit d'un ouvrage écrit en hébreux, vers 190-180 avant Jésus Christ, que le petit fils de l'auteur emporta en Egypte au cours de la 38° année du roi Ptolémée (132 av. J. C.) et qu'il traduisit en grec pour les juifs d'Egypte. L'auteur, Jésus fils de Sirac, né à Jérusalem, était un des notables de la ville et appartenait au groupe des sages et des scribes qui, dès leur jeune âge, avait étudié la loi de Moïse et les traditions anciennes ; maître de sagesse qui jouissait d'une autorité reconnue auprès des chefs du peuple et de ses compatriotes, il désirait communiquer aux autres les fruits de ses expériences. Ce texte n'étant pas admis dans le canon juif, encore qu'il est souvent cité dans des écrits rabbiniques, on n'a longtemps ignoré l'original en hébreux bien que saint Jérôme le connût ; des manuscrits du XII° ou du XIII° siècle, retrouvés au Caire (1896-1900), dans les grottes de Qumrân (1951-1958) et dans les fouilles de Massada (1964), permirent de reconstituer les deux tiers du texte. Les églises protestantes le rangent parmi les apocryphes. [2] Toute la sagesse contenue dans la loi du pardon a une source et un appui dans la foi. Pour dire : " pardonnez pour que Dieu à son tour vous pardonne ", il faut d'abord avoir expérimenté que Dieu, le premier, pardonne. Telle est l'expérience que fait le peuple, c'est l'expérience de l'Alliance. Un des fondements de la relation d'Israël à Dieu est exprimé dans l'Exode, en particulier dans la prière de Moïse: " Nous sommes un peuple raide, pardonne... ", " Reviens de l'ardeur de ta colère... Si tu voulais enlever leur péché !... Considère que cette nation, c'est ton peuple... " (Exode, XXXII & XXXIII 33). Le pardon accordé au prochain est un acte de foi qui consiste à vivre soi même ce que Dieu a fait à son peuple. " Pense à l'alliance du Très Haut ". Le texte de Ben Sirac insiste aussi sur le fait que l'autre est un " semblable ". Alors, même si ce semblable a mal agi, a fait du tort, c'est par le pardon seul qu'il pourra revenir et, dans le même temps, que soi même on pourra être pardonné, recevoir de Dieu la guérison. La deuxième partie du texte renforce encore l'appel à la non vengeance en rappelant la fragile condition humaine. Et si la mort survenait sur ta colère... " Que le soleil ne se couche pas sur votre colère... ", " car nous sommes membres les uns des autres " Ephésiens IV 25 26). Cette doctrine de saint Paul fait directement suite à celle de Ben Sirac, en la complétant par l'unité dans le corps du Christ. Après le pardon au " frère " et au " compatriote " Lévitique, XIX 17 18), Ben Sirac élargit le pardon à tout homme, préparant ainsi le Nouveau Testament. De même que le pardon au " fils du même peuple " était signe de l'unité dans ce peuple, de même le pardon à tout homme dit la fraternité universelle. |