26e dimanche des temps ordinaires

Première lecture

Lecture du livre d'Amos1, (VI, 1,4-7)2

Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles dans Jérusalem, et à ceux qui se croient en sécurité sur la montagne de Samarie. Couchés sur des lits d'ivoire, vautrés sur leurs divans, ils mangent les meilleurs agneaux du troupeau, les veaux les plus tendres ; ils improvisent au son de la harpe, ils inventent, comme David, des instruments de musique ; ils boivent le vin à même les amphores, ils se frottent avec des parfums de luxe, mais ils ne se tourmentent guère du désastre d'Israël ! C'est pourquoi maintenant ils vont être déportés, ils seront les premiers des déportés ; et la bande des vautrés n'existera plus.


Textes liturgiques © AELF, Paris


[1] Amos, l’un des douze petits prophètes et premier prophète écrivain, est un berger originaire de la bourgade judéenne de Téqoa, (à dix-huit kilomètres au sud de Jérusalem et à neuf kilomètres au sud-est de Bethléem). Il prêche au temps d’Ozias, roi de Juda (781-740), et de Jéroboam II, roi d’Israël (783-743), entre 760 et 750, dans le royaume du Nord, Israël (Samarie et Béthel). Israël, grâce aux victoires de Jéroboan II sur les Araméens, a rétabli ses frontières et vit une période de prospérité qui entraîne la corruption morale et religieuse qu’Amos reproche si durement qu’il est expulsé du royaume par Amasias, prêtre de Béthel. Il condamne implacablement le luxe des riches qui exploitent sans vergogne la misère des pauvres. Il prêche que Yahvé, maître de l’univers, exerce sur la nature un pouvoir total et sanctionne les violations de l’ordre moral qu’il a établi : Israël, s’il ne se convertit pas en recherchant la volonté de Dieu, sera puni au Jour de Yahvé.

2 Le prophète qui est chargé de rappeler les exigences de la Loi fondatrice, est habité par la certitude que la vie et la sécurité sont toujours du côté de Dieu. Les habitants de Samarie sont menacés d'oubli : la sécurité immédiate, les signes de richesse apportent une confiance trompeuse. Le prophète, tel un veilleur, annonce les catastrophes qui sont déjà présentes mystérieusement dans les choix présents. En choisissant le luxe, sans « se tourmenter du désastre d'Israël », on prépare la chute du royaume et l'exil qui s'en suivra. Comme Jésus le soulignera dans la parabole du mauvais riche, le luxe insolent des riches notables les conduit à se fermer aux autres : ils ne pensent qu'à eux sans voir ce qui se prépare ; qu’ils sachent que leur situation ne durera pas : leur jugement est déjà commencé.