23e dimanche des temps ordinaires

Première lecture

Lecture du livre de la Sagesse1, (IX, 13-18).

Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les intentions du Seigneur ? Les réflexions des mortels sont mesquines, et nos pensées, chancelantes ; car un corps périssable appesantit notre âme, et cette enveloppe d'argile alourdit notre esprit aux mille pensées. Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre, et nous trouvons avec effort ce qui est à portée de la main ; qui donc a découvert ce qui est dans les cieux ? Et qui aurait connu ta volonté, si tu n'avais pas donné la Sagesse et envoyé d'en haut ton Esprit Saint ? C'est ainsi que les chemins des habitants de la terre sont devenus droits ; c'est ainsi que les hommes ont appris ce qui te plaît et, par la Sagesse, ont été sauvés2.


Textes liturgiques © AELF, Paris


[1] Ce livre de l’Ancien Testament que la tradition latine de la Vulgate, d’après saint Jérôme, appelle le « Livre de la Sagesse », fut intitulé, dans la Septante : « Sagesse de Salomon » ; c’est l’un des cinq livres sapientiaux de la Bible. Il est pratiquement sûr, aujourd’hui, que ce livre fut écrit en grec par un juif qui se donne pour le roi Salomon mais qui vivait probablement à Alexandrie. Comme l’auteur utilise la traduction des Septantes et que ceux-ci n’ont guère achevé leur traduction avant le début du troisième siècle avant Jésus-Christ, on ne peut regarder le Livre de la Sagesse comme antérieur à cette date ; par ailleurs, comme l’auteur ignore tout des idées de Philon qui vécut entre 20 avant Jésus-Christ et 54 après Jésus-Christ, on ne peut le dater après la dernière moitié du premier siècle avant Jésus-Christ ; enfin, comme il semble que l’auteur se situe dans une période où les juifs d’Alexandrie sont soumis à quelques tracas et qu’on sait qu’ils ne commencèrent à pâtir que sous Ptolémée VII Physcon (146-117) et surtout sous Ptolémée VIII (117-81), il faut dater le Livre de la Sagesse à cette époque ou, au plus tard, dans la dernière moitié du premier siècle avant le Christ.

2 Les sages des civilisations anciennes du Proche Orient établissaient l'état des connaissances dans tous les domaines ; ils examinaient aussi les expériences de vie des individus et des groupes pour définir des règles de conduite pratique qui pussent aboutir à une meilleur réussite, à plus de bonheur. Les Sages d'Israël qui ont fait ce travail, se sont demandés s'il était possible, sur la base de leurs observations et de leurs réflexions, de parvenir à la connaissance de Dieu ou de sa Sagesse. Progressivement, ils en sont venus à la conclusion qu'il était impossible de rejoindre Dieu à partir des réalités d'ici-bas. Ils rejoignaient ainsi la grande affirmation de la Loi et des Prophètes : Dieu est le Tout-Autre et personne ne peut le mettre à son service ni l'apprivoiser. La connaissance de Dieu ne peut être qu'un dont fait par Dieu lui-même. Si Dieu se communique, alors il est possible de s'en approcher, mais nul ne peut mettre la main sur lui. Le passage que nous lisons aujourd’hui résume cette longue recherche des Sages de la Bible : « Qui aurait connu ta volonté, si tu n'avais donné la Sagesse et envoyé d'en haut ton Esprit Saint ? » Ici la Sagesse de Dieu est identifiée avec l'Esprit de Dieu. Les premiers Chrétiens méditeront les écrits de Sagesse pour tenter d'exprimer ce qu'ils auront découvert du mystère divin.