2e dimanche de l'Avent

Première lecture

Lecture du livre d'Isaïe (XL 1-5 & 9-11)[1].

Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem et proclamez que son service est accompli, que son crime est pardonné, et qu'elle a reçu de la main du Seigneur double punition pour toutes ses fautes. Une voix proclame : « Préparez à travers le désert le chemin du Seigneur. Tracez dans les terres arides une route aplanie pour notre Dieu. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées, les passages tortueux deviendront droits et les escarpements seront changés en plaine. Alors la gloire du Seigneur se révélera et tous en même temps verront que la bouche du Seigneur a parlé (…) Monte sur une haute montagne, toi qui porte la bonne nouvelle à Sion. Elève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Elève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : Voici votre Dieu. Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance et son bras est victorieux. Le fruit de sa victoire l'accompagne et ses trophées le précèdent. Comme un berger, il conduit son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits. »


Textes liturgiques © AELF, Paris


[1] Voici le début du « livre de la consolation » dont l’auteur, le deuxième Isaïe (du chapitre XL au chapitre LV), est un prophète inconnu du temps de l'Exil. Les Juifs sont dans l'angoisse d'une captivité qui se prolonge : la destruction du Temple et de la royauté, la servitude sous le joug des païens, semblent être les signes d'un châtiment divin irrémédiable. Cependant, Dieu confie au prophète un message d'espérance. Le pardon est proclamé et on annonce la fin de la servitude . Après Jérémie, le prophète du malheur, le deuxième Isaïe porte une parole de consolation : « proclamez que son service est accompli, que son crime est pardonné, et qu'elle a reçu de la main du Seigneur double punition pour toutes ses fautes. » Puis vient l'annonce de la manifestation glorieuse de Dieu qui va parcourir en sens inverse la route de l'exil, et revenir à travers les déserts de la Syrie. Comme pour le passage d'un grand personnage, une directive est adressée à tous les fidèles : « Préparez à travers le désert le chemin du Seigneur. Tracez dans les terres arides une route aplanie pour notre Dieu. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées, les passages tortueux deviendront droits et les escarpements seront changés en plaine. » Ces images ont une valeur symbolique : c'est par l'humilité de cœur et la droiture qu'il convient de se préparer à cet événement. A l'inverse, le Seigneur lui-même réalisera ce chemin dans leur cœur (3-5). Enfin, avec plus de précision encore, le prophète se mue en héraut pour interpeler Sion, la ville qu'on n'a pas oubliée. La bonne nouvelle qu'il crie à Jérusalem et aux villes de Juda, c'est le retour de Dieu dans son pays, celui qu'il a choisi pour y fixer sa demeure. Il vient en Roi victorieux. Mais il ne vient pas seul. Une armée triomphante l'accompagne. Il vient en berger et son troupeau le suit.