Fête des saints Archanges

Evangile

Suite du saint Évangile de notre Seigneur
Jésus-Christ selon Saint Jean (I, 47-51)

Lorsque Jésus vit Nathanaël[1] venir à lui, il déclara : “ Voici un véritable fils d'Israël, un homme qui ne sait pas mentir[2]. ”

Nathanaël lui demanda : “ Comment me connais-tu ? ” Jésus lui répondit : “ Avant que Philippe[3] te parlât, quand tu étais sous le figuier[4], je t'ai vu[5]. ” Nathanaël lui dit : “ Maître, c'est toi le Fils de Dieu ! C'est toi le Roi d'Israël ! [6]

Jésus reprit : “ Je t'ai dit que je t'ai vu sous le figuier, et c'est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore.[7] ” Et il ajouta : “ Oui, vraiment, je vous le dis : vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l'homme. ”


Textes liturgiques © AELF, Paris


[1] Nathanaël signifie Dieu a donné. On sait que celui-ci était originaire de Cana en Galilée (Evangile selon saint Jean XXI 2). Si les évangélistes, et la tradition après eux, désignent habituellement le sixième apôtre sous le nom de Barthélemy, c’est-à-dire fils de Tolmaï, il est généralement convenu de l’identifier avec ce Nathanaël que l’on voit amené par Philippe à Jésus, au début de l’évangile selon saint Jean (I 45-51). Jésus, rencontrant Philippe qui, comme Pierre et André, était de Bethsaïde, lui dit : « Suis-moi. » Philippe qui était lié à Nathanaël n’a rien de plus pressé que d’aller trouver son ami : « Celui dont ont parlé Moïse et les prophètes, nous l’avons trouvé : c’est Jésus de Nazareth, fils de Joseph » ; mais Nathanaël était un homme réfléchi, versé dans les saintes Ecritures, qui n’était pas disposé à se laisser emporter par un enthousiasme passager, et c’est dans ces dispositions, en homme de bonne volonté, cherchant la lumière qu’il avait écouté Jean-Baptiste.

[2] Un véritable fils d'Israël, c’est-à-dire un vrai fils d’Abraham et des patriarches, non seulement par le sang, mais aussi par l’esprit de foi et de fidélité.

[3] Saint Philippe, comme Pierre et André, naquit à Bethsaïde, sur les bords du lac de Tibériade. Saint Clément d'Alexandrie, se réclamant d’une tradition ancienne, l'identifie au jeune homme qui demanda la permission d'aller enterrer son père avant de le suivre et à qui Jésus répond de laisser les morts ensevelir les morts. Selon l'évangile de saint Jean, on peut supposer qu'il fut d'abord un disciple du Baptiste avant d'être appelé par Jésus à qui il conduit Nathanaël ou Barthélemy (S. Jean I 43-51). C'est à lui que Jésus s'adresse avant la première multiplication des pains (S. Jean VI 5-7) et c'est à lui que se présentent les païens qui veulent rendre leurs hommages au Seigneur (S. Jean XII 21-22). Enfin, pendant la Cène, il demande à Jésus de montrer le Père (S. Jean XIV 7-12). La tradition nous apprend qu'il alla prêcher chez les Scythes et qu'il mourut très vieux à Hiérapolis (Phrygie) où, selon Eusèbe qui cite Polycrate, il fut enterré. Clément d'Alexandrie prétend qu'il mourut de mort naturelle alors que d'autres disent qu'il fut martyrisé sous Domitien ou sous Trajan (lapidé puis crucifié). Il est généralement représenté jeune, à l’instar de saint Thomas ; il porte souvent la croix de son supplice et, parfois, il porte des pains qui rappellent son rôle de la multiplication des pains. Parce qu’il porte un nom grec et qu’il est natif de Bethsaïde, on l’associe à André.

[4] Sans doute, assis sous un figuier, près de Cana, revoyait-il en esprit la figure inspirée du Baptiste et repassait-il les mots brûlants tombés de ses lèvres, entretenant l’espérance de voir lui-même le Messie. Encore qu’il doutait qu’il pût sortir quelque chose de bon de Nazareth, il accepta de suivre Philippe. Lorsque Jésus lui révéla l’avoir vu sous le figuier, avant que Philippe l’appelât, Nathanaël qui comprit que Jésus avait eu la connaissance de son état d’âme, ne résista plus : Tu es le fils de Dieu, le roi d’Israël !

[5] Nathanaël comprend à demi-mot que Jésus, en évoquant sa réflexion sous le figuier, pénètre ses pensées secrètes. Il n’en désire pas plus pour adhérer au sentiment de Philippe.

[6] Le titre de Fils de Dieu pouvait convenir au Messie, ce que précise l’addition roi d’Israël. « Si Nathanaël, dit saint Thomas d’Aquin, avait compris que Jésus était le Fils de Dieu par nature, il n’aurait pas dit : Tu es le roi d’Israël, mais Tu es le roi du monde entier. »

[7] Les traditions disent que Barthélemy alla dans de nombreux pays et jusque dans l’Inde septentrionale. Le moine Nicétas le Paphlagonien (885-910) affirme que saint Barthélemy « porta chez les Indiens et chez les Ethiopiens orientaux, la lumière de la vraie science, la doctrine de la vie éternelle, et leur annonça Jésus-Christ clairement et dans leurs propres langues. Sa prédication était accompagnée de miracles. Il mettait en fuite les démons qui attaquaient les hommes, guérissait toutes sortes de maladies et d'infirmités par la seule invocation du nom de Jésus. Par la puissance du même nom, il rendit la vie à plusieurs morts. Tous les jours, de nouveaux croyants venaient, à sa parole, grossir la multitude innombrable des fidèles ; il les instruisait, les purifiait par le bain de la régénération, et enfin enflammait leurs cœurs en leur communiquant les dons du Saint-Esprit. Ceux qui, parmi eux, étaient les plus dignes et les plus remplis de la grâce céleste, il les consacrait évêques ou prêtres. Pontife admirable, il leur apprenait les rites sacrés que doivent connaître ceux qui ont reçu cette consécration. Il leur enseignait les saintes Lettres, la science des mystères évangéliques et la doctrine parfaite du salut. Des églises nouvelles et sans tache s'élevaient par ses soins dans les différentes provinces et dans les villes qu'il parcourait. » Les traditions veulent qu’il fût martyrisé en Arménie majeure ; le roi Astyage, dit-on, le fit fouetter puis le fit écorcher vif de la tête aux pieds avant de le faire décapiter.